Le sentier Bras du nord
15 et 16 octobre 2005

 

Prévisions météorologiques pour la fin de semaine : pluie à 100% samedi et pluie à 90% dimanche. En bonus, nous avons droit à une alerte météorologie de pluie abondante de 70 mm.

Samedi, 7 h 00, Martine T. réveille Normand F. inquiète d’entendre la pluie tomber depuis plusieurs heures (nous sommes les deux organisateurs). « Ne devrions-nous pas appeler les gens et vérifier s’ils désirent toujours participer à la randonnée malgré la pluie ? » Normand n’est pas trop chaud à l’idée de faire une tournée générale. La veille, un seul des 14 participants avait contacté les organisateurs pour s’informer de ce qu’il advenait de l’activité.

Normand appelle tout de même un premier participant, l’un des deux qui doit venir en camping. Sa réponse : « Bien sur que nous y allons ! » Martine en appelle trois autres et constate que tous semblent vraiment vouloir aller marcher en montagne sous une pluie diluvienne … grand soupir, « Bon si le groupe veut y aller, j’vais y aller »

Le lieu de rencontre est localisé à l’accueil Cantin à Saint-Raymond-de-Portneuf pour 11 h 30. La randonnée s’effectue sur un sentier linéaire. Nous devons donc laisser le maximum d’automobile au point d’arriver. Pour ce faire, nous devons attendre que TOUS soient arrivés pour procéder. Pierre L. et ses covoitureurs arrivent avec une heure de retard après avoir fait une balade, semblerait-il, dans des lieux non prévus à l’horaire.

Une fois tout le monde arrivé, Martine T. sonde de nouveau le pouls des participants. Elle est soulagée de réaliser qu’elle n’est plus la seule à penser qu’il aurait peut-être été mieux d’annuler ; elle n’a simplement pas appelé les bonnes personnes aux petites heures du matin ! Cependant, nous sommes tous présents au point de départ et Manon V. donne le mot de départ « Let’s go, on y va ! »

Treize heures trente, nous débutons sous la pluie la randonnée à l’heure prévue. Nous avons 3 km à parcourir pour se rendre au refuge Montagne Art. Ces trois longs kilomètres en essoufflent plus d’un, car il faut gravir une des falaises de la Vallée Bras du Nord. Habillé sous un accoutrement de pluie, il est difficile de laisser échapper notre chaleur corporelle. Nous sommes aussi lourdement chargés, car nous sommes en autonomie partielle pour la majorité et totale pour deux participants qui camperont. Le poids des sacs à dos varie entre 25 lbs et 51 lbs.

Outre l’effort physique, le sentier s’est transformé en ruisseau. Il nous faut franchir plusieurs ruisseaux devenus rivières. Il est impossible de ne pas mettre le pied dans l’eau. Ce long 3 km permet à tous de vérifier l’étanchéité de leurs bottes. Cette pluie abondante nous fait découvrir la montagne sous un nouvel angle. Tous sont étonnés de constater l’ampleur avec laquelle les ruisseaux se gonflent en torrent.

Quinze heures dix, nous arrivons au refuge Montagne Art. Un consensus se fait spontanément parmi les 12 résidents du refuge qui, gentiment, ont offre un toit aux deux campeurs pour la nuit. Il faut tout de même préciser que Michel B. et Emery L. étaient prêt à camper dehors malgré les torrents qui auraient encerclés leur tente. Ils ont volontiers acceptés l’hospitalité qui leur était offert.

À l’horaire, nous devions repartir allège, en randonnée pour le restant de l’après-midi. Peu ont manifesté leur désir de retourner dehors sous cette pluie abondante, sauf pour certains observateurs voulant admirer une magnifique chute de plusieurs dizaines de mètres située au pied du refuge. Aucun clou, aucun crochet n’est resté libre, car tout doit être séché.

En soirée, Manon V. lance spontanément un jeu : trouver et chanter une chanson qui débute par chacune des 26 lettres de l’alphabet. Trouver une chanson soit, mais la chanter pour plus que quelques mots n’est pas facile. Les 26 lettres de l’alphabet épuisées, nous recommençons du début une seconde fois. Certains ont passé la remarque que le répertoire musical de Normand F. était en souffrance.

Tous étaient étonnés du poids du sac à dos de Claude P. (51 lbs sans nourriture ou presque, sans réchaud et sans chaudrons) Le mystère a partiellement été élucidé lorsqu’il sorti un fanal au naphta. Un gros merci Claude pour cette brillante et lourde idée. Merci également d’avoir transporté deux poches à eau de 10 litres (elles étaient par contre vide dans ton sac à dos, donc ceci ne résout pas le mystère du 51 lbs).

Nous étions informés par l’organisme de la Vallée bras du Nord que le point d’eau était à 200 m du refuge. Grâce au déluge de Mère Nature, nous pouvions prendre notre eau directement à côté du chalet … mais pas trop près car la toilette sèche était rendue une toilette mouillée car le niveau des liquides suspects étaient le même que celui des ruisseaux improvisés qui l’encerclaient.

Avant de se coucher, Martine T. sonde de nouveau le pouls des participants (poule mouillée ???) par rapport à l’horaire du lendemain. La randonnée est de 18 km. Les 3 km pour se rendre au refuge nous ont donné un avant goût de ce que pourraient ressembler les 18 prochains km. De nouveau l’unanimité. O.k. O.k. on va le faire le 18 km. Le levé sera donc tôt, à 6 h 30.

Six heures, une chorale de quatre montres se fait entendre. Nous avons droit ensuite à une chanson pour se réveiller, interprétée par Martine T. sur l’aire de Fanfan Dédé « Bon matin mes chers Zahriens, je vous souhaites, je vous souhaites … » Avec un si beau levé, comment ne pas être de bonne humeur malgré la noirceur du petit matin. Tous s’affairent à plier bagage, déjeuner et s’habiller en vêtements de pluie, car il pleut encore dehors, tout comme il a plu toute la nuit.

Huit heures trente, nous sommes tous prêt à débuter notre journée de marche. Comble de chance, la pluie cesse quelques minutes après notre départ. Tout au plus, une brumasse ou l’égouttement des arbres. Le sentier affiche des signes qu’il a été le lit de plusieurs ruisseaux improvisés. Il reste par contre plusieurs vrais ruisseaux et tronçons de sentier transformés en étang à franchir. Les descentes se font avec beaucoup de précautions, car la boue en fait glisser plus d’un. Les 18 km suivent la falaise de la vallée. Plusieurs belvédères nous permettent d’admirer la rivière Bras du Nord et les multiples chutes du versant opposé à la vallée.

Même si la pluie a cessé, le vent est présent et il ne fait pas chaud lorsque nous nous arrêtons de marcher. Le dîner se prend rapidement. Sur notre chemin, nous croisons un autre refuge, La Yourte. Son belvédère nous permet de voir la partie en aval de la Chute Delaney que nous apercevrons une fois la falaise de la vallée redescendue. Cette chute, haute de 150 m, est magnifique et gorgée d’eau par les pluies de la veille. À la fin du parcours nous empruntons un pont pédestre suspendu qui nous permet de traverser la rivière Bras du Nord pour rejoindre le stationnement. Il est 15 h 00. Nous avons parcourus les 18 km en 6 h 30. Malgré quelques chutes dans la boue et les bottes pleines l’eau, aucune blessure n’est survenue … exception faite du mal chronique de tout randonneur : les genoux !

Bravo à tous les randonneurs !

 

 Normand Frenière et Martine Tanguay

 

L'accueil Cantin

La rivière Bras du Nord

 

Le chalet "Montagne Art"

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