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Au début, cela aurait pu s’appeler "chronique d’une tempête annoncée" car nous attendions pour le vendredi la deuxième tempête de l’hiver. On nous avait promis tant de neige, de vent et de poudrerie, que plusieurs ont choisi de partir la veille du jour J, après arrangement avec Manon, la co-organisatrice de la sortie, et la propriétaire des gîtes où nous allions demeurer toute la fin de semaine.
Quelle bonne décision pour ceux qui pouvaient se permettre cette anticipation ! Jeudi soir: le calme avant la tempête, voyage dme nuit tranquille vers ce charmant petit village au nom improbable de "Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland", niché au pied du Massif du Sud,
une des dernières vagues des montagnes appalachiennes, et baigné de la pâle lueur d’un croissant de lune sur la voie de
Vendredi matin, au lever, rien n’a encore bougé sur la blanche campagne de Buckland, mais le ciel est lourd de promesses et l’horizon est déjà en fusion. Quelques Zahriens arrivent encore, s’installant dans Mais alors, que va-t-on faire de cette journée ? Ce n’est pas facile de décourager les gens de Zahra de faire ce qu’ils aiment le plus au monde : sortir dehors ! Nous prenons donc prudemment nos autos, la route est droite heureusement, et partons faire une balade en raquettes sur le sentier des abris sous roche, non loin de la station de ski du Massif du Sud. Magnifique petite randonnée : le sentier monte graduellement sur le flanc
d’une montagne, puis s’accentue pour déboucher sur un premier abri sous roche. La tempête fait rage, mais qu’importe, cela ajoute du charme au décor, on est loin, très loin de tout, enveloppé de ouate mouvante, il faut retenir nos tuques. L’endroit est comme un terrain de jeux pour les grands enfants que nous sommes : du premier abri sous roche, un petit raidillon nous mène à un second, puis à un belvédère
s’ouvrant sur un jour blanc, puis à un rideau de glace pendant de De retour au village, après un peu de pelletage, le traditionnel "5 à 7" et le souper. Presque tous les Zahriens inscrits sont arrivés, au-delà d’une trentaine. La soirée s’écoula en chansons au son des accords de guitare de Jean-Pierre G. et de Jacques M. : veillée chaleureuse en compagnie de Bozo-les-Culottes, du phoque en Alaska, ou bien de Jean Ferrat : « que c’est beau, c’est beau la vie »…et c’est vrai que ce soir-là, la vie était belle ! Et les pincements mélodieux des cordes de la guitare, et les voix chaudes de nos deux troubadours, et le chœur des filles qui chantaient, et la tempête qui faisait rage sur les fenêtres…il y avait de la magie à Buckland ce soir-là. Avant de passer au lit, nous sommes allés prendre l’air, aller-retour pas très long sur la rue centrale, les flocons tombaient toujours, les chasse-neige étaient de sortie, l’église était illuminée, la rue appartenait à quelques Zahriens… Samedi : les éléments se sont calmés. Comme prévu par nos organisateurs, nous retournons au centre de ski du Massif du Sud, bondé de visiteurs cette fois-ci, et entamons la longue montée en raquettes jusqu’au sommet du Mont du Midi. Il y a les "rapides", ceux dont le pas est alerte et vigoureux, qui trouvent la direction, qui ouvrent la piste dans la neige folle, puis les autres, qui profitent de la trace ainsi faite, qui vont leur rythme tout en cherchant l’oiseau qui gazouille ou photographiant les spectres blancs de la forêt ou les boules rouges des sorbiers, les poètes, quoi…Et Manon fermait la marche, elle disait qu’elle menait ses moutons, bergère d’un troupeau au pelage synthétique et coloré. Du sommet, une longue randonnée au pays des momies d’une blancheur sublime nous ramena dans la vallée d’une jolie rivière autour de laquelle la piste tricote en passant sur d’harmonieux ponts courbés. Jacques G., toujours aussi intrépide, allait chatouiller de son bâton les yeux liquides que la rivière avait gardés ouverts. Certains de nos valeureux "rapides" ont même eu le temps et le courage de faire le mont Chocolat après le Mont du Midi, d’autant plus méritoire que la vue était bouchée en haut ! De retour dans nos chez-nous, ce fut de nouveau
Le dimanche, ce fut le clou du week-end. De nouveau le centre de ski du Massif du Sud, aussi populeux que Puis ce fut de nouveau la rencontre au centre de ski, la fin du voyage, la clôture d'un merveilleux week-end qui restera longtemps dans notre mémoire zahrienne comme un joyeux souvenir.
Merci à Manon et à Jacques de nous l'avoir fait vivre ! Texte : Sylvain Chiroux |
Abri sous roche
Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland
Dimanche - ski de fond |
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